« Smart city », « smart grid », « smart thing » : la France est de plus en plus smart
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27 octobre 2016 - 11:57, by , in actualités, PVSOFT, No comments

A l’approche de la troisième édition du salon SMART CITY+SMART GRID, organisé les 8 et 9 novembre prochain Porte de Versailles à Paris, la rédaction a souhaité revenir sur l’état actuel des technologies intelligentes en France. Destinés à rendre les villes et les territoires plus attractifs et plus connectés, les concepts de « smart city » et de « smart grid » offrent de nombreuses perspectives pour une gestion plus durable de l’énergie en milieu urbain.

Un lieu d’échanges et de partage d’expériences autour des « smart technologies ». Voici comment est perçue la troisième édition de Smart City+Smart Grid, qui réunira début novembre, à Paris, les leaders du secteur. Avec, dans leurs besaces, une offre plurielle à destination des visiteurs professionnels, à la recherche de solutions pour rendre les bâtiments, la ville et les territoires intelligents, durables et connectés. Parmi eux, notamment, les administrations et les collectivités locales, qui souhaitent développer de nouveaux services plus efficaces et respectueux de l’environnement. Et ce dans plusieurs secteurs, comme les transports, l’énergie ou la santé par exemple.

La France est, depuis plusieurs années maintenant, le théâtre de nombreuses expérimentations, mettant au premier plan les réseaux électriques intelligents et l’ensemble des « smart things » qui y sont associées. Des « smart grids » (réseaux électriques) aux « smart meters » (compteurs communicants), en passant par la mobilité électrique, la domotique et les objets connectés, le numérique et le digital ont en effet révolutionné les modes de gestion des grandes agglomérations. Et initié de nouveaux modes de développement territorial.

Plus d’une vingtaine de communes, métropoles et communautés d’agglomérations françaises ont déjà entamé leur transformation et développent actuellement des services intelligents, via l’ouverture des données, le réseau Wifi linéaire public gratuit, les dispositifs d’e-administration ou les nouveaux services énergétiques.

Marché du smart en pleine croissance

Comme l’explique le Journal du Net, « 70 % des villes intelligentes tricolores se sont lancées dans l’open data, c’est-à-dire l’ouverture des données, sur les transports en commun disponibles en temps réel par exemple, aux entrepreneurs voire même aux citoyens ». Ces informations permettent notamment d’adapter les services proposés aux besoins des administrés et de mieux évaluer les effets des politiques locales.

Les smart grids ont également « inondé » de nombreuses smart cities dans l’Hexagone, puisque plus d’une dizaine d’entre elles ont déjà des projets de réseaux électriques intelligents en cours. Les grandes agglomérations françaises – Paris, Lyon et Toulouse pour les plus anciennes – sont bien sûr dans le lot mais pas seulement. La ville de Chartres (Eure-et-Loir), par exemple, a récemment mis en place un projet basé sur l’utilisation de l’éclairage public, la gestion du stationnement et le contrôle du remplissage des poubelles en direct.

D’autres projets pilotes de portée régionale voient aussi le jour progressivement, tels que Flexgrid en PACA, Smile en Bretagne et You & Grid dans les Hauts de France. Parallèlement, le gestionnaire du réseau tricolore, Réseau et transport d’électricité (RTE), a créé l’année dernière l’association professionnelle Smart grids France, destinée à promouvoir une véritable équipe industrielle. Le but : la création de 25 000 emplois directs en France d’ici 2020, et un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros, dont la moitié à l’export. Pour rappel, le marché mondial était estimé à 30 milliards d’euros en 2015. Et il ne cesse de grimper.

Nouveaux acteurs

Sous l’impulsion du gouvernement, qui encourage désormais le développement de cette filière d’avenir, de nouveaux acteurs sont en train de percer sur le marché croissant des smart grids et smart cities. Les applications et produits se multiplient. Certains permettent d’ores et déjà de détecter les fuites d’eau ou de chaleur, de trouver des places de parking rapidement et d’éviter les embouteillages. D’autres facilitent la rationalisation de l’utilisation de l’énergie pour la ville, les entreprises et les habitants, ou proposent de nouvelles sources d’énergies, comme des batteries à usages multiples (maison, voiture).

Parmi les innovations composant aujourd’hui les smart things, beaucoup sont portées sur la gestion des consommations énergétiques, considérée comme l’un des enjeux majeurs du 21ème siècle. Insertion des énergies renouvelables, pilotage de l’offre et de la demande d’électricité, complémentarité des vecteurs énergétiques, automatisation des réseaux, gestion des nouveaux usages électriques, développement de modèles d’affaires pertinents ; les défis sont nombreux pour les villes de demain.

Plusieurs dispositifs commencent donc à émerger et à se généraliser dans les foyers français. Avec, notamment, les systèmes d’éclairage connectés, les thermostats intelligents ou encore les compteurs communicants. Ces derniers connaissent d’ailleurs un développement croissant un peu partout en Europe et s’imposent comme la pièce maîtresse des réseaux électriques futurs. En France, le compteur Linky, conçu par Enedis (ex-ERDF), est en phase de déploiement depuis le mois de décembre 2015. Il devrait équiper 35 millions de foyers à l’horizon 2021 et permet, entre autres, de favoriser l’efficacité énergétique, via une meilleure connaissance et un pilotage actif de la consommation.

Linky en appui de la transition énergétique

A terme, l’ambition est d’intégrer la production d’énergies renouvelables sur le réseau. Aujourd’hui encore inexploitables car intermittentes, les sources vertes – hydraulique, éolien et solaire surtout – doivent progressivement remplacer les énergies fossiles – notamment le charbon. Voire même concurrencer le nucléaire, si l’on en croit la loi relative à la transition énergétique de 2015. Le compteur Linky, grâce aux technologies de l’information et de la communication, doit permettre de jongler entre les énergies vertes disponibles et l’électricité « classique ». Et, ainsi, contribuer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, ce nouvel outil est, depuis sa mise en circulation, la cible de nombreuses critiques. Les craintes liées aux effets des ondes électromagnétiques sur la santé et à la protection des données personnelles, sont mises en avant par respectivement 9 % et 10 % des personnes interrogées, selon le dernier baromètre annuel du Médiateur national de l’énergie publié ce mois-ci. Des craintes qui restent toutefois sans fondement et ne devraient pas gêner son déploiement. Les quelques communes récalcitrantes, qui rappelons-le ne peuvent pas, selon la loi, s’opposer à la pause de ces compteurs, devraient logiquement reconnaître la valeur des dernières expertises réalisées.

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a en effet réaffirmé, dans un nouveau rapport publié en septembre, la faible puissance de ces appareils et le caractère anecdotique des ondes émises (égales à celles émises par les anciens compteurs). La Commission nationale informatique et libertés (CNIL), quant à elle, reste campée sur sa position de départ. A savoir que les compteurs intelligents respectent le principe de « libre disposition de ses données à caractère personnel ». Suffisant pour rassurer la fronde anti-Link ? Qui dit divergence de points de vue dit débats. Et des débats il devrait y en avoir, début novembre, Porte de Versailles à Paris.

Source : Journal Economique – http://www.lejournaleconomique.com/2016/10/26/smart-city-smart-grid-smart-thing-la-france-est-de-plus-en-plus-smart/

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